Friday, August 31, 2007

J-14: LE MOTU PROPRIO « SUMMORUM PONTIFICUM », ON S’APPRÊTE !!!

Dans de 2 semaines sonnées, le 14 septembre prochain, le Motu Proprio «Summorum Pontificum» promulgué par le Pape Benoît XVI le 7 juillet dernier prendra effet dans l’Eglise Catholique Universelle. Plusieurs critiques virulentes ont surgi à la promulgation de cette lettre apostolique. D’aucuns parlaient d’un retour à une pratique démodée et vieillotte que d’autoriser encore dans l’Eglise une messe «étrange» qui se célébrait selon le Missel de 1962.
Le Saint-Père, ayant appris ces critiques, s’est empressé d’accompagner ce Motu Proprio d’une lettre adressée à tous ses frères évêques du monde entier. Dans cette lettre, il s’est expliqué et, comme à un tribunal, il a donné les raisons profondes qui l’ont poussées à cette décision.

La première raison fut celle du bien-être spirituel de nos anciens chrétiens qui, ayant vécus pendant longtemps la célébration liturgique selon le Missel de Jean XXIII, nourrissaient le grand désir de la retrouver. Mais certains se voyaient ouvertement refuser cette demande. D’autres plus chanceux se voyaient accorder une permission express par leur évêque selon les dispositions du Motu Proprio « Ecclesia Dei » publié par Jean Paul II en 1988.

L’Eglise étant donc la grande famille de Dieu, personne ne doit en être exclue surtout en matière de célébration liturgique. C’est pourquoi, le Pape, de son propre chef, a voulu « libéraliser » cette pratique liturgique. Ceux et celles qui sentent le désir d’y participer, les plus jeunes chrétiens qui veulent découvrir cette richesse, pourront sans permission express le faire. Cette célébration, en latin, sera donc la forme extraordinaire du rite liturgique. Mais la messe et les sacrements comme on les célèbre aujourd’hui conservent toute leur place et toute leur richesse. C’est cela la forme ordinaire du rite liturgique.

La deuxième raison, c’est la question du retour de nos frères « lefebvristes » qui sont partis de l’Eglise à cause de leur désaccord avec les fruits du Concile Vatican II. Ils ont crée la Fraternité Saint Pie V (FSSPX) et se sont arrogés, non sans violence verbale, physique et judiciaire de certains de ses membres, plusieurs édifices religieux surtout en France. Des frustrations ont été constatées ça et là. Ce fut une blessure terrible entre des frères dans la foi que les incompréhensions ont vite fait de couver et d’entretenir.

Que faire maintenant de la possibilité du dialogue initié par le Pape Jean-Paul II entre l’Eglise de Lefebvre et l’Eglise catholique Universelle? Il nous faut nous réconcilier. « En regardant le passé, les divisions qui ont lacéré le corps du Christ au cours des siècles, on a continuellement l’impression qu’aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l’Eglise n’ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l’unité; on a l’impression que les omissions dans l’Eglise ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions aient réussi à se consolider. Ce regard vers le passé nous impose aujourd’hui une obligation: faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l’unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau» écrit le Pape Benoît XVI à ses confrères. Il n’a pas eu tort puisqu’au lendemain de la publication de cette lettre apostolique, Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la FSSPX, a manifesté sa joie et reconnu qu’un grand pas a été fait pour la réconciliation entre les frères d’une même foi.[1]

Se réconcilier en effet, c’est douloureux. Mais avec le Christ, nos croix et nos douleurs mènent à la victoire finale.

Le 14 septembre prochain, « Summorum Pontificum » prendra effet. Des paroisses et diocèses dans le monde entier vivaient déjà, avec la permission de l’Autorité Compétente, ce que vient de promulguer le Saint-Père. Maintenant, il nous est donné à tous de manière libre de vivre ou d’expérimenter une étoffe de la tradition liturgique de la pratique ecclésiale. Profitons de cette grâce qui nous est donnée. Dans le cas contraire, contentons-nous de nos célébrations actuelles faites dans nos différentes langues, nos ethnies, nos dialectes. Ce n’est pas interdit. C’est même la forme ordinaire et normale.

J-14, apprêtons-nous mes frères et soyons tolérants.